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Droits en santé sexuelle et re …

26 Mai, 2026 | 0 commentaires

Droits en santé sexuelle et reproductive au Bénin : la recherche scientifique et la société civile unissent leurs forces pour briser le silence sur l’avortement 

PHOTO DE FAMILLE

Cotonou, le 20 mai 2026 – C’est dans une atmosphère empreinte de soleenite que se sont ouverts – à l’Hôtel Azalaï de Cotonou – les travaux de l’atelier consacré à la dissémination des résultats de la recherche : « Expériences de l’avortement au Bénin : Parcours, opportunités et barrières d’accès aux soins d’avortement sécurisés »

Portée par le consortium panafricain African Population and Health Research Center (APHRC) et Rutgers, en étroite collaboration avec l’Association Béninoise pour la Promotion de la Famille (ABPF), cette étude d’envergure nationale réalisée dans les départements de l’Atlantique et du Borgou apporte des données fiables et rigoureuses là où régnaient jusqu’ici, encore, les tabous. 

Le plaidoyer par la science : l’engagement de l’État et des partenaires 

TABLE DES OFFICIELS

La cérémonie d’ouverture a été marquée par une convergence de vues remarquable entre autorités étatiques et les partenaires techniques et financiers. 

Dr Ramatou Ouédraogo, chercheure et coordonnatrice de l’équipe scientifique

Pour mieux comprendre la genèse de ces travaux, la Dr Ramatou Ouédraogo, chercheure et coordonnatrice de l’équipe scientifique, a tenu à en expliciter le contexte. “Dr. Ramatou Ouedraogo, une chercheuse et la patronne de l’équippe qui ont conduits cette étude, a dit: “En 2021, lorsque nous quittions le terrain avec des données alarmantes, notamment des femmes prises dans un labyrinthe dont l’issue était des complications ou des décès ;  une nouvelle inédite pour la région est tombée, celle de la révision de la loi pour élargir les conditions d’accès à l’avortement. Nous avions dans le cadre de cette deuxieme phase du programme, à retourner sur le terrain et, afin de toucher du doigt les expériences à la lumière de cette nouvelle loi, à savoir si elle a déjà commencé à sortir les adolescentes et femmes du labyrinthe. Nous espérons donc que ces résultats qui seront présentés seront d’une utilité afin d’optimiser la mise en œuvre de cette réforme afin de permettre aux adolescentes et femmes béninoises de sortir effectivement du labyrinthe et jouir de leurs droits sexuels et reproductifs;” a-elle dit.” 

En ouvrant la série des allocutions, Madame Alexandrine CODJOVI ANTONIO, Présidente du Conseil d’Administration (PCA) de l’ABPF a rappelé l’engagement indéfectible de l’Association à œuvrer pour l’amélioration de la qualité de vie des populations et particulièrement des femmes, des filles et des adolescentes.

Madame Alexandrine CODJOVI ANTONIO, Présidente du Conseil d’Administration (PCA) de l’ABPF

Elle a souligné que cet atelier représentait une étape cruciale pour asseoir les futures stratégies de plaidoyer sur des évidences indiscutables.  “L’étude menée par Rutgers, APHRC et ABPF dans le cadre du programme « Sa Santé, Ses Choix », est un miroir tendu à nos efforts collectifs… Elle nous enseigneest quel’urgence demeure. En effet,le labyrinthe est encore debout pour trop de nos sœurs et de nos filles. L’étude révèle que la quasi-totalité des femmes ayant eu recours à des méthodes clandestines ignoraient complètement l’existence de la loi”. 

À sa suite, le Chef de Coopération de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Bénin, Rob SIJSTERMANS, a salué le courage politique de l’Etat, tout en réitérant le soutien indéfectible de son institution. Il affirmera que le Royaume des Pays-Bas reste un allié historique du Bénin pour garantir la dignité, les choix et la vie des femmes. 

M. Rob SIJSTERMANS, Chef de Coopération de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Bénin

Pour  le représentant de l’Ambassade des Pays-Bas, cette recherche est un outil d’aide à la décision indispensable pour lever définitivement les barrières d’accès aux soins.

Dr Ali Imorou BAH CHABI, Secrétaire Général du Ministère de la Santé

Leur succédant au pupitre, Dr Ali Imorou BAH CHABI, Secrétaire Général du Ministère de la Santé, représentant le Ministre, a réaffirmé la volonté politique du gouvernement de fonder ses réformes sanitaires sur des données factuelles.  

Cette décision politique courageuse a été dictée par des réalités chiffrées impossibles à ignorer : les interruptions clandestines de grossesse constituaient jusqu’alors une part significative des décès maternels au plan national et demeuraient un facteur majeur de ces pertes tragiques que nous aurions pu éviter. Face à ce drame silencieux, l’État a pris ses responsabilités par cette réforme historique de son cadre juridique”, dira-t-il. 

Mettre l’humain au centre : des récits de vie qui bouleversent et mobilisent 

Au-delà des chiffres présentés par les experts de l’APHRC, l’atelier a pris une dimension profondément humaine à travers la projection de capsules vidéo et de récits de vie poignants. 

La salle a retenu son souffle face aux témoignages de femmes: l’une ayant besoin du service de l’IVG et l’autre – sage-femme – l’offrant. Qu’il s’agisse des obstacles géographiques, du coût financier, du manque d’information ou de la terrible stigmatisation subie dans les communautés et parfois même au sein des formations sanitaires, ces récits ont mis des visages et des voix sur des réalités trop longtemps étouffées. 

VUE LARGE DE L’ASSISTANCE

Ces projections ont suscité des débats intenses et sans complaisance parmi les participants. Tous ont convergé vers le même constat : derrière chaque statistique, il y a une vie humaine en jeu et la clandestinité continue de tuer silencieusement là où la loi offre pourtant un cadre de protection. 

PROJECTION

La Société Civile en première ligne : un pont entre la veille et l’action institutionnelle 

Cette réunion faisait partie d’une série d’engagements d’une semaine avec différents groupes de parties prenantes au cours desquels l’équipe d’étude présenterait ses recommandations et tracerait un plan d’action. Fortes de leur ancrage communautaire, ces OSC ont formulé un plaidoyer vigoureux et des recommandations claires adressées à l’État, notamment, entre autres : 

  • Renforcer la diffusion et la compréhension de la loi relative à l’IVG auprès des soignants et de la communauté, et autres acteurs impliqués dans la gestion de la demande; 
  • Adresser et réguler l’objection de conscience dans les centres de santé tout en insistant sur l’obligation de référence ; 
  • Réduire la barrière financière de l’accès aux soins d’IVG dans les structures sanitaires publiques et privées. 

En organisant cet atelier d’une semaine, l’ABPF et le consortium APHRC-Rutgers ont réussi le pari de créer un dialogue horizontal et constructif. Le Bénin dispose de toutes les clés pour faire de l’avortement sécurisé un droit effectif et sauver des vies.

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